APERTAE [2008]

Présentation

APERTAE
PIÈCE POUR NEUF INTERPRÈTES
CRÉATION 2008


Conception : Bernardo Montet
Interprétée et créée par : Tal Beit-Halachmi, Taoufiq Izeddiou, Bernardo Montet, Agnès Pancrassin, Marie Rasolomanana, Dimitri Tsiapkinis, Marc Veh
Création et interprétation musicale : Pascal Maupeu
Texte : Marc Blanchet
Scénographie : Aiko Harima
Costumes : Rose-Marie Melka
Ingénieur son : Fabien Oliviero
Création et régie lumières : Laurent Matignon
Régie générale : Jean-Philippe Filleul


Avec Apertae, Bernardo Montet poursuit sa réflexion sur l’humain, les origines, les failles de l’identité et interroge six danseurs sur leurs « histoires de vies » selon la formule du chorégraphe. Un exercice qui oblige à tout instant à entrer dans la chair du temps pour se risquer à un vrai dévoilement de soi. « C’est leur corps qui devient l’histoire de leur vie » indique Bernardo Montet. Dans la violence de l’expérience, les corps obéissent à une sorte de rage. On pense à l’univers photographique de Nan Goldin qui donne à voir des mondes secrets, presque tabous. La pièce s’ouvre sur une chanson du groupe allemand Rammstein, Stein um Stein, chantée par Tal Beit-Halachmi, accompagnée du guitariste Pascal Maupeu. Il y est question de séquestration de l’être aimé, « Pierre par pierre, je vais t’emmurer, pierre par pierre, je resterai toujours près de toi ». Le dispositif scénographique imaginé par Aiko Harima propose comme aire de jeu un carré de neuf blocs blancs. C’est la vision d’un lieu intérieur : celui d’un espace intime. L’image du miroir est à la fois crue et flatteuse, à la fois vraie et déformante. « Qu’est-ce qu’on partage, qu’est ce qui nous reste, qu’est ce que l’on a envie de partager ? » nous dit Bernardo Montet. Traversés par les lectures de Bataille (La Part maudite), d’Artaud (Le Théâtre et son double) et d’une correspondance entre Harendt et Heidegger, les danseurs, tous d’origines différentes (israélienne, malgache, vietnamienne, grecque, marocaine et ivoirienne) puisent dans le vif de leurs expériences. Cette exploration des sentiments donne l’impression que le danseur est comme un corps qui se dédouble, un corps exposé, un corps mis à nu. Solos, duos, corps à l’unisson : de la présence à l’effacement, de l’incarnation à la trace, les six danseurs révèlent leur intimité, leur vulnérabilité et leur force. Pièce de corps et de peaux, ces histoires personnelles invitent chacun de nous à se demander : Qu’est-ce qui reste de notre vie quand on interroge notre mémoire ?
Nadia Chevalérias (Répétitions/avril 2008)